Note des webmestres

Vous remarquerez dans cette section, que la plupart des documents proviennent ou sont en relation avec des descendants de la famille de Joseph Hildedge Cotnoir.

Ce n'est pas le fruit du hasard car notre rencontre de 2007 a été l'occasion de rassembler ces documents et plusieurs photos. Des descendants de Jérémie Cottenoir ont également fourni quelques éléments fort intéressants.

Il devient donc d'une importance capitale pour toutes les familles de participer au contenu de ce site afin que les visiteurs puissent y retrouver des éléments historiques de chacune des branches de la grande famille des Cottenoir, Cotnoir et Préville.

Chaque famille a son histoire et toutes les familles ont quelqu'un qui connaît une partie de cette histoire et en possède quelques éléments, documents ou photos.

Vous êtes donc invités à communiquer avec nous et à nous transmettre tous les documents ou des photos historiquement intéressants et si possible annotés (noms, endroits et date). Nous nous ferons un plaisir de les inclure sur le site particulièrement si vous nous mentionnez à quelle branche de la grande famille, ces documents ou photos sont rattachés.

Merci de votre collaboration,

Raymond Cotnoir et Angèle Foisy
Webmestres

 
     
 

Si vous avez des témoignages à partager, copie d'articles de journaux, de poèmes, etc., vous pouvez les acheminer par courriel à Raymond Cotnoir à l'adresse raymond.cotnoir@famillecotnoirfamily.ca ou à Angèle Foisy à l'adresse angele.foisy@famillecotnoirfamily.ca.


 

SUR CETTE PAGE:

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PHOTOS ET DOCUMENTS ANCIENS
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NOS GLOBE-TROTTERS

Bernard Cotnoir (présentation et photos)

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NOTES HISTORIQUES, TÉMOIGNAGES, DRAMES ET ANECDOTES (Cliquez sur le sujet)

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NOS COUSINS MILITAIRES ACTUELLEMENT
OU AYANT ÉTÉ EN MISSION À L'ÉTRANGER.


 

Selon différents récits consultés, Louis-Trefflé Préville-Cottenoir et Caroline Potvin les parents de Joseph Hildedge Cotnoir se sont installés à St-Thomas de Joliette en 1863. Huit enfants composeront la famille et Joseph, est né le 19 Octobre 1874. Dès l'âge de 7 ans, il labourait déjà la terre.
 Sans pouvoir préciser la date de son émigration aux États, on nous dit que la terre à St-Thomas de Joliette ne suffisait plus pour nourrir la famille et il a donc quitté pour les États comme des milliers d'autres québécois à cette époque. Il s'y est marié le 25 mai 1896 avec Alida Goulet, née le 4 août 1873, servante d'un médecin de Lowell Massachussett et également originaire de St-Thomas.
Joseph ne prisait pas beaucoup la vie familiale aux USA et décidait en 1901 de revenir au Canada. Lors d'une visite à St-Thomas de Joliette, il apprend qu'une des sœurs d'Alida y est installé avec un dénommé "Bébé" Lafond. Il retourne à Lowell et commence à faire les bagages de la famille qui compte déjà 3 enfants.
 Il prendra la terre voisine des Lafond où naîtra Cécile en 1902 puis il vend cette terre pour acheter celle des Lafond, qui étaient retournés St-Thomas de Joliette. Angéline naîtra en 1904 dans le "shack" loué aux Riopel et en 1905, la maison de Joseph et Alida étant en construction, après un bref séjour à Ville-Marie c'est le retour sur la terre. Georges naîtra dans le "shack" en bois rond avant le déménagement dans la grande maison en 1906, construite en même temps que la grange-étable grâce à un financement d'une compagnie de l'ouest. C'est cette même année que la paroisse de St-Bruno de Guigues fut officiellement fondée.
À l'hiver 1906, notre aïeul fait chantier sur sa terre pour couper le bois nécessaire pour chauffer la mine de plomb située sur les bords du Lac Témiscamingue. Imaginez: Alida faisait manger tout ce beau monde (environ une douzaine d'hommes en plus de nourrir sa famille qui comptait déjà 6 enfants à cette époque. La terre de notre aïeul était située dans le canton de Duhamel-Ouest, qui fut érigé en municipalité en janvier 1911. Joseph Hildège en fut le premier maire, mais le nouveau cadastre déterminait que sa terre était dans la municipalité de St-Bruno de Guigues et il démissionna la même année.
 Joseph avait convaincu certains membres de la famille de venir au Témiscamingue dont ses frères Ephrem, qui a ouvert un magasin général à Ville-Marie et Roméo qui s'est acheté une terre à Guigues. Sa sœur Médérise mariée à Joe Ducharme a rejoint le groupe et le père de Joseph, Louis-Trefflé Préville-Cotnoir a vécu au Témiscamingue avec sa deuxième femme Héloïse Brûlé, sur une terre voisine de la sienne. Il y est décédé à l'âge de 65 ans. Quand l'ouvrage a diminué, tous sont repartis sauf Roméo Cotnoir qui est resté sur sa terre pour plusieurs années de même que Joseph et sa famille.
Parmi les enfants de Joseph et Alida, Fortunat et Georges ont cultivé des terres voisines de celle de leur père alors qu'André a assuré la relève sur la terre ancestrale. Les autres se sont installés sous d'autres cieux, à Rouyn-Noranda ou en dehors de la région.
Notre aïeul a commencé à vendre les produits de la ferme de portes en portes à Ville-Marie puis au marché d'Haileybury. Ils faisaient la traversée du Lac Témiscamingue l'été, à bord du bateau, le petit "Aleene" qui devait sombrer un peu plus tard avec son capitaine et qui fut remplacé par le "Météor" qui a fait le trajet jusqu'à la construction du Pont à Notre-Dame du Nord. Le voyage durait trois heures.
 L'hiver, on faisait le trajet sur la glace du lac. Joseph s'y rendait généralement avec Alida et ils y vendaient les produits du jardin, la crème et des bleuets en saison en plus de la viande et des œufs et parfois du bois. Notre aïeul fut l'un de ceux qui s'est battu pour se faire reconnaître comme agriculteur-propriétaire-commerçant lui permettant d'acheter des produits des autres colons et de les vendre au marché. Ils ont fait le marché jusqu’après le décès d'Alida en 1940. Elle avait alors 67 ans.
Joseph Hildedge était profondément croyant et pratiquant. Tous les soirs, la journée terminée, le chapelet se disait en famille, de même que pour la prière du matin avant le déjeuner. Les sacres n'étaient pas permis et lorsque ça allait mal, on entendait parfois Joseph dire "saudite marde" et si c'était très grave il y allait d'un retentissant "saudite marde noire".
 En face de la maison, de l'autre côté du chemin il y avait une croix et notre aïeul l'a toujours entretenue et il en a même fait une, entièrement illuminée. Elle était bordée d'une haie de cèdre. Joseph y allait tous les jours pour s'y recueillir, particulièrement après le décès d'Alida le 21 août 1940. Il y a toujours une croix à cet endroit.
Lorsque André à pris la relève sur la ferme, Joseph aménagea un jardin. Il y cultivait des légumes (carottes, navets, choux, patates, salades épinards, persil et maïs) et en vendait à l'occasion. Il cultivait également de magnifiques fleurs qu'il vendait lors de mariages ou de funérailles. Fraises et framboises complétaient le jardin. Il en demeurera le principal artisan jusqu'à sa mort le 6 octobre 1966 à l'âge de 92 ans.
 Une étude réalisée par Gilles Boisvert, Roger Breton et Georges Perreault sur la terre des Cotnoir, vers 1964 révèle que le sol est favorable à tout genre de culture. L'étude vante l'approvisionnement en eau potable et d'irrigation, le jardin très bien exploité par Alida et par Joseph, (selon les époques) les forêts mixtes et la montagne "à bleuets".
 Cette étude nous décrit les huit bâtisses qui la composent. (Les dimensions ont été converties en mesure métrique): Une grande maison de 10 pièces sur deux étages de 8m X 9m avec une rallonge de 2.4m X 9m, une grange-étable de  10,6m X 18m et une rallonge de 7.5m X18m,  deux éleveuses, un poulailler occupé par des pigeons. On y retrouvait un garage abritant un camion, un tracteur et quelques machines agricoles (chargeuse à foin, râteau à décharge latérale, moissonneuse-lieuse épandeur à fumier, arracheuse à patates).
 Ce bâtiment abritait également la "grainerie" où étaient entreposés l'avoine, l'orge et autres grains de récolte. On a construit une petite serre pour commencer le jardin plus tôt. On nous dit qu'à cette époque aucun engrais chimique n'était utilisé.
La glacière entreposait la glace que l'on coupait sur l'étang artificiel et qu'on protégeait de la chaleur avec du brin de scie. Cette glace servait aux besoins des Cotnoir et quelques pièces pouvaient être vendues.
 Tous les bâtiments étaient en bois naturel recouverts d'une toiture de tôle sauf la "grainerie", le poulailler et les éleveuses. À cette époque le moulin à vent est toujours debout mais n'est plus utilisé. La maison avait tout le confort moderne (poêle, frigidaire, sécheuse, laveuse non automatique téléviseur radio et même le piano) Cette ferme est alors décrite comme l'une des plus belles fermes de la région.
Le troupeau se compose alors de 15 vaches Arshyre dont la traite se fait avec une trayeuse électrique. Il y a également des canards, des porcs et des moutons. On dit qu'en 1963, la tonte des moutons rapporta 115 livres de laine qui fut vendue à la coopérative.
Nos aïeux se sont impliqués dans la vie paroissiale et religieuse et Alida a fait partie des Dames de Ste-Anne tout au long de sa vie sans manquer une seule assemblée. Joseph a été président de la Ligue du Sacré Cœur pendant 10 ans et président du Cercle des Lacordaires, président régional de L'Union Catholique des Cultivateurs en 1925. Il a été président fondateur de la Caisse Populaire de Guigues en 1936 et marguilliers de la paroisse pendant de nombreuses années. Il fut également membre de la Coopérative d'électricité du Témiscamingue.
 Voilà donc un résumé assez élaboré des péripéties qui nous sont révélées dans les  documents consultés aux fins du présent exercice. Bien sûr il manque des détails sur la vie à son quotidien de cette époque et tout comme moi, peut-être auriez-vous apprécié en apprendre davantage. Heureusement que des gens se souviennent et surtout, partagent leurs souvenirs avec nous: Éva Cotnoir-Baril, et Roger Cotnoir, et plus récemment Jean-Guy Cotnoir, de même que Robert Léonard Cotnoir aujourd'hui tous décédés, nous ont fait partager leurs souvenirs et leur vécu en écrivant leurs mémoires dans lesquels nous retrouvons plusieurs éléments du présent résumé.

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Une vie intense

Mémoires rédigés en 1987

PRÉFACE

Un simple reflet dans sa glace doit pouvoir la rassurer. Elle est belle! Non pas d'une beauté. Qui s'effrite avec le temps. Elle est belle d'une vie bien remplie, d'une vie intense où l'amour et la tendresse ont guidé chacun de ses pas dans l'accomplissement de ses tâches quotidiennes.
Dans le miroir du passé, elle voit ses souvenirs. Elle s'y attarde et les caresse. Finalement, elle nous les livre comme un témoignage, comme un présent, comme un trésor qu'on se plaît à garder, à chérir…ma mère!
Par Jacqueline Baril (fille d'Éva)

SOUVENIR DE MES ANNÉES DE COUVENTS

La paroisse de Guigues a été fondée en 1906. Elle a reçu le nom de Saint-Bruno-de-Guigues, mais n'a réellement porté autre nom que Guigues. Le premier curé, Jacques Beauchamp, a fait bâtir l'église qui est la même d'aujourd'hui après avoir subi des modifications de chauffage et d'embellissements.
Cette même année, les sœurs de l'Assomption de Nicolet sont venues s'installer à Guigues pour prendre charge des deux écoles, une de filles et une de garçons. En 1908, les sœurs ont décidé de bâtir un couvent. Une bonne bâtisse en bois, bien pensée, bien structurée pouvant répondre aux besoins et exigences de 8 sœurs et une trentaine de pensionnaires et un peu plus d'externes. C'ert papa qui a construit le salage.
Ce couvent a été donné deux ans plus tard par la paroisse aux sœurs de l'Assomption. Sans ce don généreux de la paroisse, les sœurs n'auraient pas pu arriver à rencontrer leurs échéances vu le petit nombre de pensionnaires.
À partir de la troisième année, les petites filles du village et des environs devaient aller externes au couvent. Seuls les parents à l'aise pouvaient se permettre de payer une ou deux années de couvent à leurs filles de 12-14 ans Je les trouvais chanceuses ces pensionnaires sans penser toutefois qu'un jour j'aurais la même chance.

CIRCONSTANCES QUI ONT FAIT QUE J'AI PU RÉALISER MON RÈVE.

Quand j'eus mes 14 ans, maman qui était débordée d'ouvrage m'a demandé si je voulais rester avec elle pour l'aider de novembre à janvier. En janvier, il faut croire que maman appréciait mes services, elle me demanda de rester encore avec elle et que plus tard j'irais au couvent.
À 15 ans, je lui ai rappelé sa promesse. "On n'a pas les moyens" fut sa réponse. À 16 ans, la même demande avec la même réponse. À 17 ans, la même demande avec la même réponse. "Si je n'y vais pas cette année, je n'irai jamais" fut ma réponse. Là c'était grave. Mes parents qui n'avaient pas les moyens et moi qui ne pouvait pas attendre. Après réflexion, mes parents ont décidé que je serais pensionnaire à $7,00 de pension par mois. Il faut dire encore qu'en les années 16-17, de l'argent il n'y en avait pas. On vivait des produits de la terre. C'était partout, l'argent était rare, on le gardait pour les choses indispensables.
En cette même année, Léo mon frère plus jeune, n'aimait pas travailler la terre. Il décida d'aller travailler aux moulins de papier en Ontario. C'est lui qui sauva la situation. Dans sa grande générosité, il envoyait un $25,00 de temps en temps pour payer ma pension au couvent. En arrivant au couvent, la sœur me demande pourquoi je venais au couvent. "Pour aller au couvent" fut ma réponse. Je n'avais pas d'autre but. Comme j'avais fait ma quatrième année, on me plaça dans la quatrième année. Notre maîtresse d'école était une sœur qui s'attachait beaucoup à son entourage et à ses élèves. C'est dire que nous avons été choyées.
L'année se serait passée sans problème s'il n'y avait pas eu une épidémie de grippe. Tout le monde avait la grippe, sœurs et élèves. Les élèves les plus malades furent retournées dans leur famille, les moins affectées restèrent au couvent. J'étais de ce nombre. Enfin, car il y a toujours une fin, après un mois, tout est rentré dans l'ordre et l'année s'est terminée sans problème.
Je garde un bon souvenir de la sœur cuisinière. Comme nous n'étions que neuf pensionnaires, nous étions choyées et gâtées. La sœur cuisinière était une personne d'une quarantaine d'années, pas jolie, mais bonne, généreuse et d'un grand jugement..
Vers 1916, le département de l'instruction publique avait ouvert un bureau d'examens à Ville-Marie, chez les sœurs grises. Ces examens donnaient droit aux jeunes filles qui avaient fait une cinquième année, d'enseigner dans les petites écoles, comme on les appelait dans le temps. Ce fut toute une aubaine pour les cultivateurs qui ne savaient pas quoi faire de leurs jeunes filles. Aussi, dès ma deuxième année de couvent, de neuf que nous étions, le nombre est monté à 30 pensionnaires malgré que la pension ait été portée à $10,00. C'est dire qu'Il y avait beaucoup de nouvelles élèves.

(suite)

de l'Apprentissage à la Réalisation

Rédigé en 2003 à l'âge de 79 ans

PRÉFACE

Voici une histoire qui vous permettra peut-être d’en apprendre davantage sur une époque révolue mais fort importante pour les gens qui ont peuplé cette région et qui en ont fait ce qu’elle est aujourd’hui à force de sacrifices, de travail acharné et épuisant, et d’une volonté issue de leur  force de caractère à toute épreuve.
J’ai voulu, à travers les souvenirs que j’en ai gardés, faire connaître quelques détails de ces années dures certes, mais combien formatrices quant aux valeurs essentielles de la vie qui nous permettent d’atteindre des sommets parfois insoupçonnés. Ma vie racontée ici, ne se veut pas un récit historique, ni un portrait complet des événements qui ont marqué toutes ces années. Je souhaite cependant que le lecteur puisse apprendre quelques détails sur la vie des bâtisseurs du Témiscamingue, à travers la perception que j’en ai, des actions dont j’ai été témoin et des gestes que j’ai posés.

ON M’A RACONTÉ :
Mon père, Fortunat est né le 21 juin 1897 à Lowell, Massachusetts. Quelques années plus tard, mon grand-père, Joseph Cotnoir et ma grand-mère née Alida Goulet quittent les Etats-Unis avec leurs enfants pour venir s’établir à St-Bruno-de-Guigues au Témiscamingue  sur un lot à défricher à environ 7 km au sud du village sur la route de Ville-Marie et ils y construisent  maison et bâtiments.
Mon père demeurera avec ses parents jusqu’à son mariage avec Rose-Aimée Côté, le 21 juin 1922. À ce moment-là ma mère est organiste, à l’église de la paroisse et mon père fait partie de la chorale. Comme on le disait à cette époque, ¨tout un adon¨! Après leur mariage, ils se sont installés sur un lot de colonisation réservé par mes grands-parents, à quelques pas de leur propre terre. La progéniture ne devait pas tarder et je vis le jour le 2 octobre 1924, deuxième d’une famille de 7 garçons et deux filles. Il y avait eu Laurent et après moi, sont nés Aimé, Jean-Guy, Gabriel, Ghyslaine, Gérald, Huguette et Ghislain.
La première préoccupation de mes parents allait forcément vers la culture, pour nourrir la famille : blé, pois, sarrasin et le jardin bien sûr, étaient les grandes priorités. Quelques bêtes à cornes, une paire de chevaux faisaient partie du bétail. Quelques poules permettaient d’agrémenter le menu. Très peu de revenus, mais armés de courage, de dévouement et d’amour, ils étaient outillés pour réussir leur vie certes, mais également pour orienter la nôtre par l’exemple qu’ils nous ont donné.

MON ENFANCE

Comme la plupart des gens, je n’ai gardé que peu de souvenirs de mes 4 ou 5 premières années de vie et le premier souvenir qui me vient est sans doute l’événement le plus traumatisant pour une famille et surtout pour des enfants : un accident causant une grave blessure à un parent.
Bien sûr, encore aujourd’hui, ce genre d’événement n’a rien de réjouissant, mais à cette époque, les deux parents devaient trimer dur pour nourrir la famille et il n’y avait pas d’assurance salaire ni d’assistance sociale. Ce triste événement qui a frôlé la tragédie, est survenu alors que maman s’était rendue aider les hommes à ¨battre¨ le grain et soudainement, son manteau s’est pris dans l’engrenage de l’engin et avant que l’on puisse l’arrêter, son bras gauche avait été déchiré par les nombreux tours effectués par la roue.
Mon père l’a conduite à l’hôpital de Ville-Marie en boghei et elle y passa plusieurs semaines. J’étais trop jeune pour comprendre la situation, mais j’ai su plus tard, qu’elle était passée très près de la mort et elle aurait lutté pendant plusieurs jours pour survivre. Je vois encore mon père qui, tous les soirs après sa journée de travail, attelait George, un cheval canadien noir, à la voiture et se rendait à Ville-Marie, situé à environ 9 km au sud de la ferme. Il se faisait un devoir de nous rassurer après chaque visite.
Tout en visitant maman quotidiennement, mon père continuait le déboisement; l’abattage des arbres permettait de faire du bois de chauffage, des piquets de clôture ou des madriers pour la construction en plus d’agrandir la surface cultivable.  Après de longues semaines, quelle belle nouvelle ce  fut pour nous d’apprendre, que maman allait mieux et pourrait bientôt rentrer à la maison.
S’il est vrai que l’assistance sociale n’existait pas, il y avait beaucoup d’entraide; un de mes oncles, Jos Goulet et son épouse sont venus prendre soin de nous à la maison. Ils s’occupaient du bétail et effectuaient les travaux domestiques. Je crois bien qu’ils se sont dévoués durant toute la durée de l’hospitalisation de notre mère et ont été très bons pour nous. Ils nous parlaient souvent d’elle en nous répétant que nous étions chanceux d’avoir pu la garder. À son retour à la maison, une convalescence de quelques mois a été nécessaire avant qu’elle puisse reprendre le collier, mais elle garda toute sa vie, une cicatrice et des séquelles importantes de cet accident. Son bras gauche ne pouvait s’élever plus haut que l’épaule et il était irrémédiablement affaibli. La physiothérapie était inconnue à cette époque et seuls le courage et l’obligation de travailler permettaient une certaine amélioration au niveau des séquelles de ce genre d’accident.
Même après le retour de maman, notre oncle et notre tante sont restés quelques temps et s’occupaient de ¨chauffer¨ le poêle, faire à manger, les lavages et autres travaux lesquels, faut-il le rappeler, se faisaient sans eau courante, sans électricité et dans le grand confort d’une ¨bécosse¨ extérieure! À cet âge, je ne me rendais pas toujours compte des événements et de leurs conséquences.  Ce n’est que plusieurs années plus tard, alors que je repensais à ce qui s’était passé, que j’ai pris conscience de la gravité de la situation et de l’importance d’avoir eu cette aide sans laquelle nous n’aurions pu nous en sortir.
Papa était très particulier dans tout ce qu’il faisait. Il tenait à faire un travail parfait et prenait grand soin de s’en assurer. Je me rappelle entre autre, l’avoir vu mesurer la largeur et la profondeur des sillons de son labour. Il préparait les animaux pour l’exposition annuelle avec minutie, s’assurant qu’ils étaient propres et il se flattait de revenir avec la première ou une deuxième position presque à chaque année.
Notre père était fier et minutieux ne laissant rien au hasard. Même si les distractions et les loisirs étaient rares à cette époque, la compétition faisait partie des mœurs. Je me rappelle une année, Joseph Côté, mon grand-père maternel n’avait pas réussi à qualifier un animal à l’exposition. Devant les succès de mon père avec sa vache, il lui avait alors dit : ¨Je suis sûr qu’elle ne donne pas autant de lait que la mienne¨. C’était de bonne guerre et cette compétition, bien qu’occasionnellement à l’origine de quelques taquineries acerbes, mettait un peu de piquant et de bonhomie dans ce monde austère et éreintant.

(suite)


Pierre-Alain Cotnoir, fils de Robert Léonard Cotnoir et de Jeannette Lévesque nous a gracieusement fourni ces documents rédigés par son père avant son décès survenu en mai 2007 à l'âge de 94 ans. Ces documents étaient en possession de son frère André qui a rédigé une réflexion sur les documents de son père. En cliquant sur les liens suivants, vous pourrez d'abord lire une réflexion d'André sur les notes biographiques de son père puis, l'histoire de sa famille en deux volets. Par la suite un document rédigé et annoté par Robert.
Réflexion d'André: "Il aurait eu 100 ans"
Alex et Clara tome 1
Alex et Clara tome 2
|Document annoté

 

1ere rangée: Engelbert (père) et Alain
2ième rangée: Éric et Yvan

Et ta valeur, de foi trempée…

Cette photo de famille démontre bien cet esprit de famille au sein d'une autre famille qu'est celle des Forces Armées Canadiennes. Étienne était à l'extérieur au moment de la prise de photo.

 

Nous soulignons avec fierté que Jérémie Cottenoir, a fait la guerre 1914-1918. Son fils, Engelbert s'est également enrôlé dans les forces armées dès 1936. Voici un hommage posthume rendu par ses compagnons d'armes du 22ième Régiment lors de son décès en 1999.

Engelbert Cottenoir (connu dans l'armée sous le nom de Ange-Albert) a été l'un des membres fondateurs de l'Amical du Royal 22e Régiment(devenu entre temps l'Association du 22e). Il en a assumé la présidence. Il a de plus été, directeur de la Régie du Royal 22e Régiment avec décoration, membre des Chevaliers de Colomb et membre de la Légion Canadienne.
L'implication du Sergent Cottenoir dans la guerre 39-45, lui a valu plusieurs décorations dont:

  • Étoile de Campagne de la Sicile
  • Étoile de la Campagne d'Italie
  • Médaille du Service distingué
  • Médaille de la Victoire,
  • Médaille de la Guerre 39-45
  • Médaille des Volontaires.

Jérémie et Engelbert ont engendré une descendance qui a perpétué ce dévouement pour la patrie. Deux des enfants d'Engelbert, Yvan et Alain ont atteint le grade d'adjudant maître dans le 22e Régiment et ont servi dans quelques pays. Alain a servi dans le Royal 22e, le 1 CDO, Régiment aéroporté et le Royal Canadian Ordonnance Corp (RDOC) à titre de technicien en approvisionnement. Ses années de service furent récompensées par les décorations suivantes:

  • Décoration des Forces Canadiennes (C.D.)
  • Médaille du Service Spécial(MSS)
  • Médaille canadienne du Maintien de la Paix(MCMP)
  • Force d'observation des Nations Unies pour le désengagement des Forces

De son côté, Yvan est présentement retraité et a mérité au cours de sa carrière plusieurs décorations entre autres, lors des missions en Bosnie-Herzégovine et Chypre.

  • Médaille Canadienne du Maintien de la Paix    
  • Médaille Jubilée de la Reine Élizabeth
  • Médaille de la mission de la force de protection des Nations-Unies en Bosnie-Herzégovine
  • Médaille de la force de stabilisation de l'Otan en Bosnie-Herzégovine
  • Médaille Service Spécial barrette (OTAN-NATO)
  • Décoration des Forces Canadiennes (CD 2)

Cliquer sur la photo pour lire l'article.

Deux fils d'Yvan ont également choisi cette carrière: Éric, au grade de major dans le 22e régiment qui a servi entre autres en Afghanistan pendant 10 mois et qui s'est mérité les décorations suivantes:

  • Étoile de campagne avec barrette de la Force d'assistance Internationale en Afghanistan
  • Médaille Canadienne du Maintien de la Paix
  • Médaille de la mission de la Force de protection des Nations Unies en Bosnie-Herzégovine
  • Médaille de la Mission des Nations-Unies en Haïti
  • Médaille de la force de stabilisation de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine
  • Décoration des Forces canadiennes

Étienne qui a également servi dans le 22e Régiment au grade actuel de Caporal-chef à titre d'ingénieur de campagne, attaché au 5e régiment de génie qui a également servi en Afghanistan pendant 6 mois. Son implication dans les Forces Armées lui a valu:

  • Étoile de Campagne de la Force d'assistance Internationale en Afghanistan
  • Médaille Canadienne du Maintien de la Paix
  • Médaille de la Force de Stabilisation de l'OTAN en Bosnie-Herzégovine.
 

 

Hommage au dernier survivant de la Première Guerre Mondiale

Le 18 février 2010, M. John ‘‘Jack’’ Babcock, le dernier soldat connu à avoir servi au cours de la Première Guerre mondiale est décédé, marquant la fin d’une époque dans l’histoire militaire du Canada. Nous sommes à jamais redevables aux soldats de la Première Guerre mondiale.

Le gouvernement du Canada en partenariat avec le gouvernement du Québec rendait hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi au cours de cette guerre à Québec au cours d’une cérémonie commémorative au pied de la Croix du Sacrifice le 9 avril dernier, soit le jour anniversaire de la bataille de Vimy.

Avant la cérémonie, tous les anciens combattants étaient conviés au Salon rouge de l’Assemblée Nationale par le Premier Ministre Jean Charest.

Sur la photo nous apercevons le président de la Légion Royale Canadienne filiale 265, Monsieur Yvan Cottenoir échangeant une poignée de main avec le premier Ministre du Québec, l’Honorable Jean Charest lors de la visite au Salon Rouge.

Pour en connaître un peu plus sur la bataille de Vimy, cliquez ici Source : Les Anciens Combattants